?CRÉATION Bashir Lazhar a été créé pour la première fois en janvier 2007 à la salle Jean-Claude- Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, dans une mise en scène de Daniel Brière. Le comédien Denis Gravereaux a assuré le rôle titre avec brio et passion à la création et au cours de trois tournées qui l’ont entrainé dans plus de 70 lieux du Québec et du Canada.

Une adaptation cinématographique a vu le jour en octobre 2011 et fut immédiatement adoptée par la critique et un public de tous les horizons. Le film de Philippe Falardeau a également connu un remarquable parcours international, remportant plusieurs honneurs dont une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger

La recréation de ce texte d’Evelyne de la Chenelière, 10 ans après sa création et une adaptation cinématographique couronnée de succès, met en lumière un répertoire québécois vivant qui, au coeur de la crise migratoire et du repli identitaire des pays de l’Occident, se révèle d’une vibrante actualité.

Bashir Lazhar retrace le parcours d’un immigrant nouvellement arrivé au Québec, qui remplace au pied levé une institutrice qui s’est suicidée dans l’enceinte de l’école. La personnalité de Bashir et ses initiatives pédagogiques se heurtent à la frilosité et à l’incompréhension de ses pairs et des parents d’élèves. Les préjugés latents font surface et révèlent le choc provoqué par la rencontre des cultures.

L’ÉQUIPE DE PRODUCTION Texte Evelyne de la Chenelière Mise en scène Sylvain Bélanger Interprétation Rabah Aït Ouyahia Assistance à la mise en scène et régie Julien Veronneau Décor Julie Vallée-Léger Conception lumière Cédric Delorme-Bouchard Costumes Marc Sénécal Musique originale Guido Del Fabbro Maquillages Angelo Barsetti

Moi je veux juste un tableau noir avec des yeux qui le regardent. Juste un tableau sur lequel je peux effacer et recommencer et des mains un peu petites qui s’agitent comme des drapeaux, toujours impatientes avec la petite bosse de corne à l’intérieur du majeur parce qu’elles auraient trop écrit, et un tableau qui a une seule page et plein de dessins dessus et moi je serai celui qui efface pour recommencer, et ceux qui voudront s’ennuyer je les laisserai regarder par la fenêtre sans les gronder parce que je sais comme il est bon de regarder par une fenêtre en sachant que quelqu’un est en train d’effacer le tableau pour recommencer. »

L’AUTEURE « J’ai un peu retravaillé le texte, mais prudemment, j’y vais délicatement. C’est quelque chose déjà que j’ai mis beaucoup de temps à écrire avant d’aboutir en 2000 avec la version actuelle. Je suis très ébranlée par la crise migratoire et les enjeux contemporains, mais je ne cherche jamais dans mon écriture à y répondre directement, à me coller dessus. C’est le traitement qu’opère le metteur en scène et la lecture du comédien qui inscrivent les choses dans une actualité. »

Propos d’Evelyne de la Chenelière extraits d’un article de Sors-tu.ca

BIOGRAPHIE

Evelyne de la Chenelière se consacre au théâtre et à l’écriture depuis une quinzaine d’années. Issue du Nouveau Théâtre Expérimental, elle aborde l’écriture dramatique comme un laboratoire de recherche, un atelier de fabrication d’où elle tire une partition destinée au plateau, un texte écrit pour traverser le corps des acteurs. Pourtant, ses pièces de théâtre, traduites et montées au Québec comme ailleurs dans le monde, sont aussi des oeuvres littéraires, pleines et autonomes, qui interrogent la langue comme photo : Julie Artacho conditionnement de l’expression et de la pensée. Lumières, lumières, lumières, créée dans une mise en scène de Denis Marleau à l’automne 2014, marque le début d’une résidence artistique de trois ans d’Evelyne de la Chenelière au théâtre Espace Go. Le coeur de cette résidence est un chantier d’écriture que l’artiste déploie sur un mur du théâtre. Comme comédienne, elle a travaillé sous la direction de Jean-Pierre Ronfard, Alice Ronfard, Daniel Brière, Jérémie Niel, Brigitte Haentjens, Marie Brassard et Florent Siaud. En 2011, elle publie son premier roman, La concordance des temps.