Le légendaire Bruce Cockburn fera paraitre Bone On Bone (True North Records) le 15 septembre prochain, son premier album studio en sept ans. Cette sortie – quasi inespérée pour ses fans – coïncide avec son intronisation au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens et de sa plus imposante tournée depuis des décennies. Il sera de passage au Club Soda de Montréal le 19 septembre, à L’Impérial Bell de Québec le 20 septembre et au Théâtre Granada de Sherbrooke le 21 septembre.

Peu d’auteurs-compositeurs-interprètes sont aussi créatifs et prolifiques que Bruce Cockburn. Depuis ses débuts en 1970, le Canadien a lancé des albums acclamés par la critique et vénérés par ses admirateurs à tous les deux ans ou presque ; or, cette production régulière a soudainement cessé en 2011, après Small Source of Comfort. Il y avait de bonnes raisons à cette « sécheresse » : d’une part, Cockburn est de nouveau devenu père avec la naissance de sa fille Iona ; d’autre part, il y a eu l’écriture et la publication de son livre Rumors of Glory, sorti en 2014 : « Je n’ai recommencé à écrire des chansons qu’après la sortie du livre car, pendant trois ans, toute mon énergie créative passait dans son écriture », explique Cockburn, de sa maison à San Francisco. « Et dès que le livre s’est retrouvé sur les tablettes des libraires, je me suis demandé si j’allais de nouveau être un auteur-compositeur un jour… »

Un tel doute était nouveau pour cet homme n’ayant jamais vécu le syndrome de la page blanche et ayant distillé ses opinions politiques, ses révélations spirituelles et ses expériences les plus intimes dans certaines des chansons les plus marquantes de la musique populaire. Ce qui a poussé Cockburn à revenir à l’écriture ? Une invitation à composer une chanson pour un documentaire sur le défunt et influent poète canadien Al Purdy.

Bone On Bone, le trente-troisième album de Cockburn, comprend onze nouvelles chansons imprégnées d’un sentiment d’urgence et d’une espèce d’anxiété, que Cockburn attribue à sa vie en Amérique sous l’ère Trump. Mais, plus que tout, Bone On Bone correspond à l’expression la plus profonde des préoccupations spirituelles et sociales de Cockburn à ce jour : « Il y a eu tellement d’occasions heureuses dans ma vie qui ont été le fruit d’invitations de Quelqu’un, Quelque part – le Cosmos, le Divin, appelez ça comme vous voulez – à sortir des sentiers battus et à tenter quelque chose de nouveau ; or, quand ça vous arrive, il vaut mieux ne pas se battre, écouter et suivre ces “instructions” ».

Réalisé par Colin Linden, un vieux collaborateur, l’album est construit autour de la musicalité de Cockburn à la guitare, avec la complicité du bassiste John Dymond et du batteur Gary Craig. La couleur musicale Bone On Bone est aussi attribuable au jeu d’accordéon du neveu de Bruce Cockburn, John Aaron Cockburn, et aux solos du célèbre joueur de bugle Ron Miles (notamment sur la magnifique Mon Chemin).

Forty Years in the Wilderness et Stab at Matter mettent en vedette plusieurs interprètes de la famille spirituelle de Cockburn qui, dans un souci de commodité, sont mentionnés dans les crédits en tant que « San Francisco Lighthouse Chorus » (ils sont présents ailleurs sur l’album également). Parmi les autres invités notoires, soulignons les auteurs-compositeurs Ruby Amanfu, Mary Gauthier, Tamara Silvera et Brandon Robert Young, le bassiste Roberto Occhipin et l’accordéoniste Julie Wolf, qui joue notamment sur 3 Al Purdys.

Cockburn, qui a remporté le prix People’s Voice Award lors de la conférence de la Folk Alliance International en février et qui sera intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens le 23 septembre, continue de trouver son inspiration dans le monde qui l’entoure et à canaliser ses idées dans ses chansons. « Mon travail est d’essayer de piéger l’essence des choses dans les traits de mon stylo sur le papier et d’extraire des notes de musique du métal de mes instruments », a-t-il déjà dit ; plus de quarante ans après avoir entrepris sa carrière de musicien, Cockburn continue de donner des coups de pied à l’obscurité afin qu’elle puisse laisser suinter un peu de lumière du jour…