Le premier album à paraître le 20 avril via tôt Ou tard

Foé est la nouvelle révélation du label tôt Ou tard (Vianney, Albin de la Simone, Cats On Trees). Ce prodige de 20 ans mélange avec brio la chanson, le hip-hop la pop synthétique et l’électro aérienne et ne laisse personne indifférente.

Son premier album, Îl, sera lancé le 20 avril. Auteur, compositeur, pianiste et coréalisateur, Foéoffre un premier album où sa voix chaude et grave se fond en mélodies intenses. Élégance des textes, énergie brute et chant sans concession, il transcende les certitudes et est un véritable ovni dans le ciel hexagonal.

Qu’est-ce que ce garçon-là a-t-il de contagieux ? Une liberté d’esprit, la fougue de ses 20 ans et l’insolence de l’excellence.

Chad Boccara, producteur et gérant, tombe sur un de ses vidéos postées sur YouTube. Curiosité immédiate et sensation de tomber sur une pépite en or massif. Il prend le jeune toulousain sous son aile. Avant cette rencontre déterminante, Foé embrasse un itinéraire musical plutôt commun : cours de piano à domicile, apprentissage de la guitare, groupe d’école à tendance rock alternatif et dans lequel il écrit en anglais. À la maison, beaucoup de musique classique. Lui carbure plutôt à AC/DC, Red Hot Chili Peppers, Alt-J, Stupeflip et au rap américain. Très peu, ou plutôt quasiment pas, de chansons françaises. Il exprime rapidement un désir tenace d’évasion sonore. Ni vitesse ni précipitation. De toute façon, les parents exigent qu’il décroche un diplôme. Chose faite l’an dernier avec l’obtention d’un DUT génie mécanique et productique, spécialité aérospatiale.

C’est à la suite d’un deal familial qu’il faut aller chercher le nom d’artiste, ces trois lettres qui claquent. Le jeune Nicolas réclame à sa mère l’achat d’une casquette de base-ball. En retour, celle-ci exige de son fiston la lecture intégrale de Robinson Crusoé. Choc à la fois émotionnel et littéraire. Au sein de ce voyage initiatique, la découverte progressive de son propre espace intérieur. L’auteur du roman culte s’appelle Daniel Defoe, il suffit alors de retrancher la première syllabe du patronyme.

Longtemps réfractaire à l’idée de s’exprimer dans sa langue natale, Foé a finalement cédé à l’axiome de son entourage proche. Par goût du défi, d’abord. Par plaisir évident, ensuite. Si la musicalité de l’anglais lui sert d’aspiration pour composer et de dynamique dans les refrains, le français le propulse au sein d’une vérité intime.

Ces derniers temps, il a surtout dû jouer avec les mutations imprévues de son instrument qui va lui conférer une identité singulière : sa voix. Grave, virile, sensuelle, pénétrante, chaude et froide dans le même souffle, elle est d’une beauté noire. Flow urgent qui s’empare de la gamme tourbillonnante des sentiments et s’autorise parfois des accents toniques ou des coups de sang. Dans sa chambre, antre qui lui sert par ailleurs de décorum sur scène, l’abnégation casanière, Foé n’a pas l’inspiration raisonnable. Le disque dur de son ordinateur clignote rouge. En moins de douze mois, il élabore sa petite cathédrale d’une modernité saisissante. Puis sollicite l’aide de Valentin Marceau pour l’édification.

Les morceaux impressionnent, étonnent, détonnent. Se glissent en intimité troublante avec l’auditeur…