C’est avec fébrilité que toute l’équipe de La Bordée dévoilait aujourd’hui la programmation de sa saison 2018-2019, lors d’une soirée festive à laquelle ont pris part les artistes de cette 42e saison.

Pour sa deuxième saison, le directeur artistique de La Bordée s’est inspiré de l’actualité pour y puiser les thèmes et les enjeux qui composeront la trame de fond de la saison : la question identitaire et notre rapport à l’autre, notamment.

« “Qui sommes-nous ?” C’est la question que posent les pièces de la saison, avec l’amour à la clef. Est-ce l’autre, notre amour, qui nous dira qui nous sommes ? D’ailleurs, qui aimons-nous ? Cet homme, cette femme ou cet être humain, au-delà du genre ? Notre langue, notre culture, notre croyance, nous définissent-elles ? Ou nous aliènent-elles ? C’est la réflexion à laquelle je convie le public de Québec, en compagnie d’auteurs brillants, drôles, profonds et engagés dans l’aventure humaine. »

Pour ouvrir la saison, La réunification des deux Corées de Joël Pommerat, une mosaïque d’une vingtaine de tableaux traitant de la complexité des relations humaines et amoureuses. Suivra The Dragonfly of Chicoutimi, récit introspectif de Larry Tremblay, explorant les thèmes de l’identité et de l’aliénation. En janvier, une comédie intelligente et sensible du britannique Jon Brittain, Rotterdam, qui aborde avec doigté les thèmes de l’identité de genre et sexuelle. Suivra la création Sauver des vies, un texte lumineux d’une jeune auteure de Québec, Pascale Renaud-Hébert, qui a remporté un vif succès lors de sa présentation à Premier Acte en 2016; deux femmes apprivoisent la maladie de façon très différente. Et finalement, pour clore la saison en grand, une pièce de Michel Marc Bouchard, Christine, la reine-garçon, qui pose l’une des questions les plus fondamentales de notre société par les temps qui courent : entre les aspirations individuelles et le bien commun, que choisir ?

Trois pièces invitées sont également à l’affiche de cette 42e saison de La Bordée. La comédie Comment je suis devenu musulman de Simon Boudreault, qui avait offert au public de La Bordée l’épopée shakespearienne Gloucester, en 2016. Également, une production du Théâtre de La Manufacture, Des promesses, des promesses, de Douglas Maxwell, un monologue magnifiquement interprété par Micheline Bernard. La revue de l’année Beu-Bye revient finalement en décembre pour une cinquième année. L’équipe promet d’en mettre plein la vue pour cette édition anniversaire.

Quelques nouveautés

Théâtre et arts numériques

En octobre, La Bordée s’associera à la compagnie Noctura, le temps d’une fin de semaine, pour proposer une expérience immersive et interactive dans laquelle théâtre et technologie des arts numériques s’uniront pour un parcours mémorable.

Résidences d’auteurs et de création

Désirant s’impliquer dans la création d’oeuvres nouvelles, La Bordée accueillera cette saison l’auteure Pascale Renaud-Hébert pour l’écriture de sa prochaine pièce, en plus d’accompagner l’auteure et metteure en scène Véronique Côté pour une création que lui a commandée le directeur artistique.

Une quatrième saison pour les Soirées Bordéliques

Les Soirées Bordéliques seront de retour pour une quatrième saison. Ces soirées visent à appuyer les compagnies de théâtre émergentes de Québec en contribuant au financement de l’un de leurs spectacles qui sera présenté au cours de la saison. Tous les profits de ces soirées sont remis aux compagnies théâtrales.

 Samedi 29 septembre 2018 – Les Bambines (Maude Boutin St-Pierre et Érika Hagen-Veilleux) 

Vendredi 16 novembre 2018 – Mon père est mort (Catherine Côté)

 Samedi 26 janvier 2019 – La Trâlée (Nadia Girard Eddahia)

Samedi 9 mars 2019 – Nous sommes ici, en collaboration avec le Collectif Wolf (Vincent Legault)  Samedi 27 avril 2019 – Collectif Cognac (Lauren Hartley

La Bordée tient à remercier Québecor, grand partenaire de la saison, ainsi qu’Hydro-Québec, présentateur de la pièce Sauver des vies.

LA RÉUNIFICATION DES DEUX CORÉES 1

8 septembre au 13 octobre 2018

Texte : JOËL POMMERAT

Mise en scène : MICHEL NADEAU

PROPOS

Amants, amis, couples mariés ou adultères, anciennes histoires ou relations passagères. Histoires d’amour et, surtout, de manque d’amour. En une mosaïque d’une vingtaine de tableaux, La réunification des deux Corées brosse tout autant de portraits de ce qui anime et déchire nos vies, et nous donne ce précieux sentiment d’exister. J

oël Pommerat est l’un des auteurs et metteurs en scène les plus en vue de la scène européenne. Les amoureux du théâtre ont sans doute vu ses pièces Les marchands, La grande et fabuleuse histoire du commerce ou Cendrillon, ici-même, à La Bordée, dans le cadre du Carrefour de théâtre. La réunification des deux Corées est une nouvelle occasion de rencontrer son immense talent.

DISTRIBUTION

Ann-Sophie Archer, Emmanuel Bédard, Normand Bissonnette, Gabriel Fournier, Valérie Laroche, Véronika Makdissi-Warren, Olivier Normand, Sophie Thibeault et Alexandrine Warren

CONCEPTION

Décor Véronique Bertrand

Costumes Julie Morel

Lumières

Caroline Ross Musique Yves Dubois

L’AUTEUR // Joël Pommerat

Joël Pommerat est aujourd’hui considéré comme une des figures majeures du théâtre français. Le public de Québec a d’ailleurs eu quelques occasions d’apprécier la valeur de ses créations au Carrefour international de théâtre (Les Marchands, La grande et fabuleuse histoire du commerce et Cendrillon, présentées respectivement aux printemps 2009, 2013 et 2016).

Auteur et metteur en scène, Joël Pommerat est né en 1963, dans région de la Loire, en France. Au collège, il se découvre un intérêt pour le théâtre grâce à une professeure de français. Il arrête ses études précocement, puis, quelques années plus tard, à l’âge de 19 ans, une compagnie l’engage comme comédien. À 23 ans, il arrive à la conclusion que le travail d’acteur n’est pas pour lui, se sentant trop dépendant des autres dans ce métier, incapable de faire des choix. Il se consacre alors à l’écriture, de manière intensive, pendant quatre années : « J’ai décidé de chercher et d’écrire le théâtre à partir de mes sensations. Et je me suis aussitôt senti libéré, maître à bord. Libre et responsable de ce que j’allais créer1 ».

En 1990, Joël Pommerat met en scène un premier texte, Le chemin de Dakar, un monologue présenté au Théâtre Clavel, à Paris. Du même coup, il fonde sa compagnie, qu’il nomme Louis Brouillard, en référence à l’inventeur du cinéma, Louis Lumière, avec un clin d’oeil au Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine. Dès ses premières pièces se définit le processus qui caractérisera son travail, au cours duquel le texte se construit conjointement avec le jeu exploratoire des comédiens.

N’ayant pas de lieu de diffusion attitré, par choix, la Compagnie Louis Brouillard s’appuie sur des coproducteurs qui l’accueillent en résidence de création. Ainsi, en 1997 s’amorce une longue résidence au Théâtre Brétigny, au sud de Paris. Les trois années qui suivent seront cependant surtout consacrées à la recherche cinématographique et à la réalisation de courts métrages vidéo. Mais dès 2000, Joël Pommerat revient totalement au théâtr

À partir de 2001, notamment avec Pôles, Treize étroites têtes et Mon ami, la compagnie présente ses spectacles en tournée. Depuis, le succès ne cesse de grandir, et les tournées se multiplient, nourries par la promesse que Joël Pommerat a faite à son équipe de comédiens : créer avec eux une pièce par année pendant quarante ans. En 2004, il crée Au monde et Le petit chaperon rouge, une première incursion dans l’univers des contes. Les deux pièces sont reprises en 2006, avec Les marchands, au Festival d’Avignon, conférant au créateur un rayonnement international qui ne se démentira jamais. Les tournées à l’étranger font désormais partie du quotidien de la Compagnie Louis Brouillard.

À ce jour, la compagnie compte une trentaine de créations. Parmi les plus récentes, mentionnons Cendrillon (2011), La grande et fabuleuse histoire du commerce (2011), La réunification des deux Corées (2013), Ça ira (1) Fin de Louis (2015). Joël Pommerat a aussi adapté trois de ses pièces pour l’opéra : Thanks to my eyes (2011, d’après sa pièce Grâce à mes yeux), Au monde (2014) et Pinocchio (2017). Plusieurs de ces créations ont été récompensées, notamment lors des cérémonies des Molières, en France. Joël Pommerat a aussi reçu, pour l’ensemble de son oeuvre dramatique, le Grand prix du théâtre de l’Académie française, en 2015, et le Prix Europe pour le théâtre – Nouvelles réalités, en 2016.

LE METTEUR EN SCÈNE // Michel Nadeau

Diplômé du Conservatoire d’art dramatique de Québec en 1980 et de l’École Jacques Lecoq, à Paris, en 1985, Michel Nadeau a participé à plus d’une centaine de productions théâtrales sur de nombreuses scènes du Québec en tant que metteur en scène, comédien ou auteur. Plusieurs de ses textes et de ses mises en scène ont été récompensés, dont Jeanne et les anges et Lentement la beauté (publié aux éditions L’instant même), qui ont reçu le « Masque de la production – Québec » en 1995 et en 2004 respectivement. Il fut directeur artistique du Théâtre Niveau Parking de 1987 à 2016

Il s’est fait connaître par le public de La Bordée par le biais de ses nombreuses mises en scène, dont T’es mieux de pas être malade à l’urgence (1988), L’héritage du Dr Jekyll (1991), Regards-9 (2008), Un sofa dans le jardin (2010), Félicité (2012) et W;t (2015).

Michel Nadeau mène en parallèle une carrière de pédagogue. Professeur au Conservatoire d’art dramatique de Québec depuis 1986, il y enseigne l’improvisation, le travail au masque, la commedia dell’arte, le clown et le bouffon. Il fut directeur de l’institution de 1996 à 2004. Depuis 2007, il est responsable de la nouvelle section « Mise en scène et création ».

THE DRAGONFLY OF CHICOUTIMI

30 octobre au 24 novembre 2018

Texte : LARRY TREMBLAY

Mise en scène : PATRIC SAUCIER

PROPOS

À la suite d’un traumatisme, Gaston Talbot perd la parole. Après de nombreuses années, il se réveille… mais ne parle plus qu’anglais. Commence alors le récit de son enfance pour tenter de comprendre ce qui lui est arrivé. Et qui il est.

Larry Tremblay, auteur du magnifique roman L’orangeraie, est l’un des écrivains les plus singuliers du théâtre québécois. Chacune de ses pièces est une expérience en soi. Avec The Dragonfly of Chicoutimi, il explore le thème de l’identité comme personne ne l’avait fait avant lui, en écrivant une pièce en français… avec des mots anglais !

DISTRIBUTION

Jack Robitaille et Sarah Villeneuve-Desjardins

CONCEPTION Décor Vanessa Cadrin

Costumes Dominique Giguère

Lumières et vidéo Keven Dubois Musique Emilie Clepper

L’AUTEUR // Larry Tremblay

Auteur, metteur en scène, acteur, Larry Tremblay est né en 1954 à Chicoutimi (Saguenay). En 1983, il complète une maîtrise en théâtre à l’Université du Québec à Montréal. Il a aussi étudié le kathakali, une danse classique indienne qui marie théâtre, chant, mime et musique. Au cours de nombreux voyages en Inde, il a appris à maîtriser les codes minutieux de cet art qui le fascine par le travail que les acteurs du kathakali opèrent dans leur corps. Ses créations en porteront d’ailleurs la marque. Le corps du personnage autant que de l’acteur y occupera une place centrale.

En 1984, Larry Tremblay fonde le LAG (Laboratoire gestuel), un groupe de recherche qui se veut un lieu de pratique et de réflexion sur la formation de l’acteur. Sa première pièce publiée et créée en 1988, Le déclic du destin, est issue du travail du LAG. Comme comédien, Larry Tremblay s’est fait remarquer, en 1985, par son interprétation solo des quatre personnages de Provincetown Playhouse, juillet 1919, j’avais 19 ans, de Normand Chaurette. Mais c’est essentiellement comme auteur qu’il se taillera une place importante au Québec et sur la scène internationale.

En 1992 est créée au Théâtre d’Aujourd’hui, à Montréal, Leçon d’anatomie. Il s’agit d’une de ses pièces les plus jouées, ici comme ailleurs. Les spectateurs de La Bordée ont d’ailleurs pu l’apprécier en 2005. En 1995, Larry Tremblay a créé un choc dans le milieu théâtral en présentant The Dragonfly of Chicoutimi. Il s’inscrivait alors comme un auteur marquant et incontournable. Depuis, ses pièces sont régulièrement publiées et mises en scène. À titre d’exemples, mentionnons Téléroman (1997), Le ventriloque (2001), Panda Panda (2005), Abraham Lincoln va au théâtre (2008). Le théâtre de Larry Tremblay a été traduit dans une douzaine de langues et produit dans de nombreux pays.

En plus d’une trentaine de pièces, l’auteur de The Dragonfly of Chicoutimi a écrit de la poésie, des récits, des essais et des romans qui ont confirmé sa renommée, notamment Le mangeur de bicyclette (2002), Le Christ obèse (2011) et L’orangeraie (2014). Il a reçu une vingtaine de prix pour ses oeuvres et autant de nominations. Le roman L’orangeraie, à lui seul, a été récompensé dix fois, ici comme à l’étranger, entre autres par le Prix littéraire des collégiens, en 2015, et le Prix des libraires du Québec, en 2014.

LE METTEUR EN SCÈNE // Patric Saucier

Patric Saucier travaille comme comédien, auteur et metteur en scène. On l’a vu fréquemment comme interprète à La Bordée, on se souvient particulièrement de Big Daddy (La chatte sur un toit brûlant), rôle pour lequel il a remporté le prix Paul-Hébert en 2015. On se souviendra aussi d’Armand (Bonjour, là, bonjour), de Thésée (Phèdre), de Polonius (Hamlet), du gérant (Félicité), de Bug (High Life), de Diego Rivera (Casa Azul) et de Il Dottore (Arlequin, serviteur de deux maîtres). Sa performance solo dans Le boxeur lui a permis de se produire en France et en tournée au Québec. Trois des textes qu’il a créés avec sa compagnie, le Théâtre du Transport en commun, ont été vus au Québec et en France; il s’agit de Deux semaines après l’éternité (Prix de la SACD 2006, France), Le boxeur et Lili l’été. Il travaille présentement sur son nouveau projet solo : Les yeux dans le dos. Le pays brûlé vient quant à lui d’être publié aux Éditions Lansman, en Belgique. Parmi sa trentaine de mises en scène, Le boxeur, Hosanna, Le chien et Johnny B. le tronc de Dieu lui ont valu des nominations aux Prix d’excellence des arts et de la culture de Québec. À La Bordée, il a signé avec succès les mises en scène de Matroni et moi, George Dandin, Les grands départs et Lucky Lady.

ROTTERDAM

15 janvier au 9 février 2019

Texte : JON BRITTAIN

Traduction et mise en scène : ÉDITH PATENAUDE

PROPOS

Alice vit avec Fiona depuis sept ans. La veille du Nouvel An, elle décide de sortir du placard et de l’annoncer à ses parents. Mais avant d’envoyer son courriel, Fiona tient à lui annoncer quelque chose à son tour : elle veut devenir un homme…

Quand on aime quelqu’un, aime-t-on son genre ou sa personne ? Notre identité profonde se confond-elle avec notre sexe ? Ce sont les questions importantes et actuelles que pose Rotterdam, cette comédie douce-amère, intelligente et sensible, qui a fait mouche partout où elle a été jouée.

DISTRIBUTION

Charles-Étienne Beaulne, Ariane Côté Lavoie, Marie-Hélène Gendreau et Pascale Renaud-Hébert

CONCEPTION Décor Gabrielle Doucet

Costumes Mona Eliceiry

Lumières Jeff Labbé

Musique Samuel Wagner, en collaboration avec Margaux Sauvé

L’AUTEUR // Jon Brittain

Né à Chester dans le nord de l’Angleterre, Jon Brittain est un auteur très prolifique, malgré une carrière relativement jeune. Au théâtre, son plus grand succès demeure Rotterdam, qui s’est vu décerner un prix Olivier par le milieu théâtral londonien en 2017. Jon Brittain compte à son actif une vingtaine de textes dramatiques, dont plusieurs courtes pièces et comédies.

Sa comédie satirique musicale Margaret Thatcher, Queen of Soho (créée en 2013), qui aborde de manière humoristique la question des droits des homosexuels, a aussi connu un grand succès auprès du public britannique. L’humour a toujours occupé une place importante dans la vie de Jon Brittain, tant sur le plan personnel que professionnel. Déjà, pendant ses études universitaires, il performait comme stand-up comique. Même dans ses pièces les plus sérieuses, il s’assure que ses personnages portent une pointe d’humour en eux.

Jon Brittain a aussi agi comme metteur en scène, pour le théâtre et pour des spectacles d’humour. Il écrit également régulièrement pour la télévision et la radio.

LA METTEURE EN SCÈNE // Édith Patenaude

Finissante du Conservatoire d’art dramatique de Québec en 2006, Édith Patenaude s’est aussitôt lancée dans la création. Avec la compagnie Les Écornifleuses, dont elle assure la direction artistique, elle développe un territoire de création libre. Son écriture s’aiguise avec les pièces Barbe Bleue et Le monde sera meilleur, ainsi qu’avec la cocréation Disparaître Ici. Elle joue aussi régulièrement, notamment dans Inès Pérée et Inat Tendu, Selfie, Tout ce qui tombe et Scalpés. Son terrain de jeu de prédilection est toutefois la mise en scène, qu’elle pratique entre Québec et Montréal, en passant par d’autres villes canadiennes et françaises. Elle fut récompensée pour son travail de direction pour L’absence de guerre, Mes enfants n’ont pas peur du noir, Far Away et 1984, en plus de faire partie de la création du Ishow et de Straight Jacket Winter. Récemment, elle codirigeait Post Humains, montait la création Invisibles et se lançait dans l’adaptation du démesuré Titus, d’après Shakespeare.

SAUVER DES VIES 

26 février au 23 mars 2019

Texte et mise en scène : PASCALE RENAUD-HÉBERT

En coproduction avec le Collectif du vestiaire

PROPOS

Muriel, 48 ans, et Maude, mi-vingtaine, sont toutes deux atteintes d’une grave maladie. La première ferme les yeux et fait comme si de rien n’était pour « préserver » ses fils ; la seconde les garde grands ouverts et fonce dans la vie avec l’énergie de la révolte, entraînant son amoureux dans le vertige de la lucidité.

Sauver des vies est une pièce lumineuse, pleine d’humanité, d’humour et de tendresse. C’est aussi un magnifique chant d’amour envers ceux qui sont aux prises avec les épreuves de la maladie. Avec ce premier texte, Pascale Renaud-Hébert prouve qu’elle a sa place parmi les auteurs incontournables de la relève.

DISTRIBUTION

Maxime Beauregard-Martin, Vincent Champoux, Ariel Charest, Samuel Corbeil, Sophie Dion et Marc-Antoine Marceau

CONCEPTION Décor Cécile Lefebvre

Costumes Gabrielle Arseneault

Lumières Maude Groleau

Musique Vincent Roy

L’AUTEURE ET LA METTEURE EN SCÈNE // Pascale Renaud-Hébert

Pascale Renaud-Hébert est issue de la promotion 2014 du Conservatoire d’art dramatique de Québec. Depuis sa sortie de l’école, elle travaille comme comédienne, auteure et metteure en scène.

En tant qu’auteure, elle a signé les textes des pièces Julie – Tragédie canine, Sauver des vies, qu’elle a également mis en scène, et Le jeu, toutes trois présentées à Premier Acte. Elle a également présenté ses textes Haka et Subway, dans le cadre des Chantiers artistiques et du Festival du Jamais Lu, respectivement. Elle a, de plus, participé à l’écriture des Contes à passer le temps, de la revue de l’année Beu Bye 2017 et de L’Art de la chute, sacré meilleur spectacle par l’Association des critiques de théâtre en 2017. À l’automne 2016, Pascale a été nommée parmi les jeunes auteurs à surveiller selon Marie-Louise Arsenault de l’émission Plus on est de fous, plus on lit!

En plus de son travail d’écriture, Pascale prend part à plusieurs productions comme comédienne. Elle a, notamment, participé à la tournée européenne de la pièce Appels entrants illimités, du Théâtre Le Clou, pris part à la reprise de Mes enfants n’ont pas peur du noir, de Jean-Denis Beaudoin, au Théâtre d’Aujourd’hui, en plus d’interpréter de multiples rôles dans L’Art de la chute, spectacle pour lequel elle a remporté le prix Nicky-Roy au printemps 2017.

Parallèlement à ses activités de comédienne et d’auteure, Pascale est aussi une improvisatrice depuis plus de quinze ans. Membre de l’équipe du Bas-Saint-Laurent dans Le National d’impro aux côtés de Réal Bossé et d’Arnaud Soly à l’été 2017, elle prendra part à sa première saison au sein de LNI en tant que recrue cette année.

CHRISTINE, LA REINE-GARÇON

16 avril au 11 mai 2019

Texte : MICHEL MARC BOUCHARD

Mise en scène : MARIE-JOSÉE BASTIEN

PROPOS

Suède, 1649. La reine Christine, anticonformiste et avant-gardiste, invite le philosophe René Descartes pour tenter de comprendre le sentiment amoureux qui la tenaille à la lumière de la raison. Elle découvre qu’elle n’est amoureuse que d’une seule chose : son libre arbitre.

Michel Marc Bouchard, auteur couronné de succès, livre ici l’une de ses plus belles pièces. Sur fond de réflexion philosophique, d’intrigue politique et d’histoire d’amour, il pose l’une des questions les plus préoccupantes de notre société par les temps qui courent : entre les aspirations individuelles et le bien commun, que choisir ?

DISTRIBUTION

Ariane Bellavance-Fafard, Frédérique Bradet, Jean-Michel Déry, Érika Gagnon, Eliot Laprise, Simon Lepage, Marianne Marceau, Vincent Michaud, Réjean Vallée et un autre comédien

CONCEPTION

Décor Marie-Renée Bourget Harvey

Costumes Sébastien Dionne Lumières Sonoyo Nishikawa

Musique Stéphane Caron

L’AUTEUR // Michel Marc Bouchard

Michel Marc Bouchard est né sur une ferme en 1958 à Saint-Coeur-de-Marie, une petite communauté rurale sur les bords de la rivière Grande-Décharge, au Lac-Saint-Jean. Son père est agriculteur et boucher, et sa mère, enseignante et commerçante dans le textile. Il ressentira toujours un attachement pour ses racines, pour sa région natale, dont on trouve des résonances dans la plupart de ses oeuvres.

Il quitte son coin de pays pour poursuivre des études en tourisme au Cégep de Matane. Il y écrit et monte ses premiers spectacles de théâtre. Déjà, son talent est remarqué alors qu’il participe à une manifestation nationale étudiante : le Printemps des cégeps. Il s’installe ensuite à Ottawa, où il entreprend un baccalauréat en théâtre. Après sa sortie de l’université, en 1980, il travaille comme auteur, acteur et animateur pour différents théâtres franco-ontariens, parmi lesquels le Théâtre du Trillium (Ottawa), dont il deviendra le directeur artistique au début des années 1990

En 1983, avec La contre-nature de Chrysippe Tanguay, écologiste, Michel Marc Bouchard fait son entrée à Montréal sur la scène du Théâtre d’Aujourd’hui. André Brassard en signe la mise en scène. En 1988 est créée la pièce Les feluettes ou La répétition d’un drame romantique, qui connaît un immense succès partout où elle passe, autant auprès du public que de la critique. Les portes de la scène internationale lui sont désormais toutes grandes ouvertes.

Considéré comme un des auteurs les plus prolifiques de la dramaturgie québécoise des dernières décennies, Michel Marc Bouchard a écrit plus de vingt-cinq pièces de théâtre. Certaines ont été traduites dans plusieurs langues (anglais, espagnol, italien, allemand, japonais) et jouées partout sur la planète.

Michel Marc Bouchard n’hésite pas à aborder des sujets qui dérangent, par exemple l’inceste (La poupée de Pélopia), la violence faite aux enfants (L’histoire de l’oie), la monoparentalité (La contre-nature de Chrysippe Tanguay, écologiste). Le thème de la famille est très présent dans son théâtre. Celle-ci, toutefois, est souvent représentée comme un milieu étouffant, où le mensonge et le silence sont maîtres, un milieu qui provoque un désir de fuite, une quête de liberté. Michel Marc Bouchard est également un des premiers auteurs à avoir présenté avec autant de transparence la réalité homosexuelle sur les scènes québécoises.

Avec Christine, la reine-garçon, l’auteur aborde pour la première fois un personnage historique dont l’action n’est pas inscrite au Québec. Mais on y reconnaît les thèmes qui lui sont chers : enfermement, désir d’émancipation, poids de la religion, amour interdit, conflits familiaux, etc.

Une oeuvre diversifiée

Plusieurs des textes de Michel Marc Bouchard ont été adaptés pour le cinéma : Lilies / Les feluettes (réalisé par John Greyson, 1996), L’histoire de l’oie / The Tale of Teeka (réalisé par Tim Southam, 1999), Les muses orphelines (réalisé par Robert Favreau, 2000), Les grandes chaleurs (réalisé par Sophie Lorain, 2008), Tom à la ferme (réalisé par Xavier Dolan, 2013). Il a également travaillé, comme on le sait, à l’écriture d’un scénario sur le personnage historique de la reine Christine de Suède pour le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki (film sorti en 2015).

Michel Marc Bouchard a partagé sa passion en enseignant l’écriture dramatique à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université d’Ottawa. De plus, il a collaboré à des expositions historiques et thématiques d’envergure, dont Ludovica : histoires de Québec, au Musée de l’Amérique francophone (Québec, 1998) et Cité Mémoire (une oeuvre multimédia présentée en 2016 dans le cadre des célébrations du 375e anniversaire de la ville de Montréal).

L’oeuvre de Michel Marc Bouchard a été récompensée par de nombreux prix et distinctions. Il a reçu, entre autres, le prix Dora-Mavor-Moore et le prix Chalmer pour la version anglaise des Feluettes en 1991, le Prix de l’Association québécoise des critiques de théâtre et le Prix du Centre national des arts pour L’histoire de l’oie en 1992. Le film Lilies (Les feluettes) a aussi été honoré dans de nombreux festivals internationaux et s’est vu remettre le prix Génie du meilleur film canadien en 1996. En 2005, Michel Marc Bouchard était fait Officier de l’Ordre du Canada, et en 2012, Chevalier de l’Ordre national du Québec.

LA METTEURE EN SCÈNE // Marie-Josée Bastien

Metteure en scène, comédienne et auteure, Marie-Josée Bastien est également directrice artistique du Théâtre Niveau Parking et membre du Théâtre Les Enfants Terribles. Très impliquée dans son milieu, elle enseigne depuis 1997 au Conservatoire d’art dramatique de Québec ainsi que dans différentes écoles de théâtre du Québec.

Marie-Josée a remporté à trois reprises le Prix de la meilleure mise en scène aux Prix d’excellence des arts et de la culture : Richard Trois (2009), On achève bien les chevaux (2007) et Impromptu (2003). Elle a également remporté le Prix de la révélation de l’année en 1993. De plus, son interprétation de Noëlla dans la pièce Temps de Wajdi Mouawad lui a valu le Prix de la critique 2012, en plus d’être mise en nomination, l’année suivante, pour le prestigieux prix Siminovitch, qui honore un metteur en scène qui fait figure de proue dans le domaine du théâtre. Elle a finalement été mise en nomination pour sa mise en scène de Macbeth, une production du Théâtre du Trident présentée au printemps 2015.

Marie-Josée possède à son actif plus d’une trentaine de mises en scène, dont L’Éveil, Act of God, Hamlet et La Reine Margot, et a joué dans plus d’une cinquantaine de créations et de productions théâtrales sur les différentes scènes du Québec et d’Europe. Auteure d’une quinzaine d’oeuvres, dont plusieurs ont été récompensées (Éclats et autres libertés, La Librairie, Impromptu, Carpe Diem) et font l’objet de tournées internationales, Marie-Josée Bastien est une artiste vouée entièrement au théâtre.

PIÈCES EN ACCUEIL

Comment je suis devenu musulman

C’est l’histoire d’un mariage des cultures, dans tous les sens du terme. Jean-François et Mariam attendent un bébé. Ils sont tous les deux Québécois. Lui, catholique non pratiquant et athée. Elle, musulmane non pratiquante, d’origine marocaine. Apprenant cette nouvelle, les parents de la jeune femme désirent que les amoureux se marient sur-le-champ. Le jeune homme acceptera-t-il de se convertir à l’islam ? De renier le fait qu’il ne croit en rien ? Lui qui vient d’apprendre que les jours de sa mère sont comptés.

À L’AFFICHE du 27 novembre au 8 décembre 2018

UNE PRODUCTION DE Simoniaques

Théâtre TEXTE ET MISE EN SCÈNE : Simon Boudreault

ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE : Marilou Huberdeau

DISTRIBUTION : Sounia Balha, Nabila Ben Youssef, Benoît Drouin-Germain, Manuel Tadros, Michel Laperrière et Marie Michaud

CONCEPTION : Richard Lacroix (décor), Suzanne Harel (costumes), André Rioux (lumières), Michel F. Côté (musique), Florence Cornet (maquillages) et Houda Rihani (coach arabe marocain) – –

Beu-Bye 2018

Pour cette édition anniversaire, qui souligne les 5 ans du Beu-Bye, toute l’équipe s’est réunie pour vous présenter une revue de l’année haute en couleur et drôle à souhait. À travers des sketchs déjantés, des numéros chantés et des chorégraphies endiablées, venez dire Beu-Bye à 2018 de la meilleure façon qui soit. La traditionnelle revue de l’année de Québec, c’est à La Bordée que ça se passe !

À L’AFFICHE du 14 au 29 décembre 2018

UNE PRODUCTION Du Collectif du Temps qui s’arrête

MISE EN SCÈNE ET SCRIPT-ÉDITION : Lucien Ratio TEXTES : Jean-Philippe Côté, Philippe Durocher et Lucien Ratio

DISTRIBUTION : Joëlle Bourdon, Mathieu Campagna, Jean-Philippe Côté, Philippe Durocher, Nicolas Létourneau, Monika Pilon et Nicola-Frank Vachon

CONCEPTION : Jean-François Labbé (décor et éclairages), Marie-Sophie Gauthier (costumes), Mathieu Campagna (musique) et Claude Breton (chorégraphies)

Des promesses, des promesses

Miss Brodie a derrière elle une carrière d’enseignante marquée par quelques coups d’éclat. Après avoir pris sa retraite, elle reprend du service, le temps d’une suppléance dans une école primaire de Londres. Dans cette classe dont personne ne veut, une jeune élève somalienne refuse de parler. Liées par les secrets qu’elles portent toutes les deux, la fillette et l’enseignante tisseront un lien des plus forts, au-delà des mots et de la bêtise humaine.

Création applaudie par le public et la critique en 2016 à Montréal, Des promesses, des promesses sera présentée pour la première fois à Québec. Micheline Bernard, qui a remporté le Prix de la critique 2017 pour son interprétation, donne vie à cette Miss Brodie dans un récit drôle et poignant, mis en scène par Denis Bernard.

À L’AFFICHE du 26 mars au 5 avril 2019

UNE PRODUCTION DU Théâtre de La Manufacture

MISE EN SCÈNE : Denis Bernard

ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE : Dominique Cuerrier

TEXTE : Douglas Maxwell

TRADUCTION : Maryse Warda

DISTRIBUTION : Micheline Bernard

CONCEPTION : Marc Senécal (décor et costume), Claude Cournoyer (éclairages) et Larsen Lupin (musique)