Née en 1959 en Abitibi, à Rouyn-Noranda, Guylaine Malo passe son enfance à dessiner. Son milieu était plus propice à apprendre la musique qu’à apprendre le dessin. Ses parents, tous deux musiciens, contribueront à faire de leurs enfants de grands mélomanes. Par contre, il n’était pas question pour eux de faire carrière dans un art quel qu’il soit; ils voulaient un « vrai » métier pour leurs enfants. A l’âge de 3 ans, la jeune Guylaine a déjà une passion pour le dessin. C’est une passion qui ne s’arrêtera jamais et qui va la conduire, 10 ans plus tard, au secondaire, dans une classe avancée d’arts plastiques. Sans grand effort, elle sautera directement dans une classe de secondaire 4 pour préparer des décors de théâtre avec les plus vieux de son école. En 1984, elle débute l’aquarelle, médium qui va la suivre tout au long de sa carrière, parallèlement à la peinture à l’huile et à l’acrylique qui occuperont chacun une place de choix dans son parcours professionnel. Elle fait ses premières expositions en 1984, en tant qu’artiste aquarelliste.

En 1990, elle commence à donner des cours privés de dessin et d’aquarelle pour des élèves de niveau avancé – ce qu’elle continue à faire aujourd’hui. De 1992 à 1995, elle vit à Ottawa et étudie au Collège Algonquin en animation, télévision et dessins animés. C’est la première fois qu’elle a la sensation d’appartenir à un « univers » plus en accord avec sa vision du monde parfait. Le monde du dessin animé sera sa deuxième famille pendant ses années d’étude en Ontario.

2003 est une année charnière pour Guylaine Malo. Elle débute des expositions au niveau international et obtient un certificat de reconnaissance pour ses expositions en Europe dans des salons internationaux d’art contemporain. De 2003 à 2013, elle fera sept expositions majeures en France et en Belgique.

En 2005, l’artiste réalise une série de 52 peintures représentant Marylin, une chatte en fin de vie qui partage son quotidien depuis près de 18 ans. Une oeuvre par semaine a été réalisée dans la dernière année de vie de Marylin. Un travail monumental en peinture acrylique sur un sujet unique qui reste à ce jour la série thématique la plus importante de l’artiste. L’art animalier est un thème souvent abordé au cours de sa carrière, que ce soit pour représenter des chats, des chevaux ou encore des vaches; souvenir du temps où elle avait sa ferme laitière de 1980 à 1990.

Au cours de sa carrière, Guylaine Malo a obtenu des prix et des distinctions pour son travail, notamment en 2013 avec le Prix Canada/Amérique du Nord en tant que Canadienne s’étant distinguée hors de son pays. En 2014 et 2015, elle obtient le Prix honorifique du Développement culturel dans le cadre d’une exposition internationale à laquelle elle prend part en tant qu’exposante, mais également en tant qu’intervenante bénévole en enseignement de l’art auprès d’étudiants du primaire. Puis, en 2016, elle obtient une autre Distinction honorifique qui couronne plus de trente ans de création artistique en tant qu’artiste.

Sa démarche artistique

C’est par la découverte que passe toute la démarche artistique de Guylaine Malo. Ayant débuté par le dessin, véritable passion assumée très tôt, l’enfant ayant l’âme d’artiste a découvert un monde merveilleux dans lequel évoluer. Une ligne, un cercle, une forme, puis une ombre, un soleil et sa lumière, c’est ainsi qu’à trois ans elle observait déjà ce qui naissait sous son crayon. A quatre ans, c’était une grosse forme, une petite, le poids des éléments, leur densité, leur gravité, les éléments de la nature – comme le vent tourbillonnant – toujours en mouvement. Les sujets étant nombreux, c’est dans la beauté et dans les émotions que la voie artistique s’est dessinée, comme un chemin du beau et de l’esthétique qui fait vibrer, rêver et toujours plus dessiner.

La découverte des couleurs et des médiums vient plus tard. Elle se fait au fur et à mesure des envies d’aller plus loin dans l’expression artistique dans le mouvement. L’expérimentation des médiums lui fait découvrir qu’ils peuvent également inspirer l’artiste, tout autant que le sujet. Par l’aquarelle, l’artiste découvre les transparences, les atmosphères, les légèretés. La pratique de l’acrylique vient, quant à elle, trancher avec ses couleurs vives et ses textures, d’ailleurs l’acrylique est une sorte de révélation pour l’aquarelliste qu’elle est alors. Pour l’huile, l’attrait est plutôt l’onctuosité du médium et la douceur du geste « glissant » sur le support. Son effet opaque est également très plaisant et lui permet de retoucher son oeuvre, de la parfaire – ce qu’elle ne peut faire en aquarelle. La façon de gérer les zones d’ombre et de lumière est différente. Elle aime mettre en pratique tous ces différents médiums dans une pratique globale de la peinture qui part toujours d’un seul point de départ: le dessin, la pierre angulaire de tout son travail.

L’animation, le dessin animé, permet à l’artiste de montrer la vie, de montrer l’âme des choses et des êtres qu’elle dessine. Tout son travail artistique s’est ainsi formé à la manière d’un immense puzzle. Les différents éléments se sont mis en place, ont pris forme depuis le dessin sur papier jusqu’à l’animation en dessin animé.

« Découvrir le monde dans lequel j’habite et, l’autre monde, celui qui m’habite« , voilà ce que l’artiste a toujours voulu rendre à travers ses oeuvres. « Cet imaginaire m’interpelle pour que je lui donne un poids, un volume, une vie, une âme, afin que je le fasse cohabiter sur la toile et parler de choses et de gens« . Cette mission de toute une vie est le leitmotiv de l’artiste qui n’a jamais cessé de dessiner.

 

En exposition jusqu’au 30 mai 2018 à l’Internation’ART à Roberval.

www.artzoom.org/guylainemalo

Crédit photo: Courtoisie