Décembre – Entretien avec Marc-André Fortin

Depuis maintenant 18 ans, la grande fresque musicale du temps des fêtes Décembre de Québec Issime, est présentée au public, amoureux des mélodies de Noël.  Malheureusement, cette année avec la pandémie, Décembre ne peut pas être sur scène.  Avec la magie de la webdiffusion Décembre vous est présenté différemment.  La magie opère sur votre écran, dans votre salon.  Arts et culture a rencontré l’un de ses chanteurs: Marc-André Fortin.

Marc-André Fortin au camp.

Éric Côté : J’espérais voir Décembre cette année, à la Place des Arts.  Malheureusement, pandémie oblige.

Marc-André Fortin : Nous aussi on pensait se retrouver sur cette belle scène mais il y a au moins cette version qui est là.  C’est quand même une bonne nouvelle en soi mais ce n’est pas comme être physiquement là, ce n’est pas pareil.  La technologie fait en sorte qu’on peut se rendre chez les gens.

É.C. : C’est vrai que c’est bien d’avoir eu cette idée-là.

M.-A.F. : Ce show-là a été tourné voilà quelques années. On pensait que c’était pour des archives ou des outils de travail pour les prochaines années.  On ne pensait pas que ça allait servir à cette formule de webdiffusion mais ça a tellement été bien fait, c’est comme un show de télé avec 14 caméras donc la qualité est impressionnante.  Tant mieux que ça serve pour ça et que les gens puissent le voir.  Ça va faire du bien au public dans leurs maisons, ça c’est sûr.  La magie opère quand même et l’esprit nostalgique du temps des fêtes, ça transperce l’écran.

É.C. : C’est la 18e saison de Décembre.  Es-tu avec eux depuis le début?

M.-A.F. : Moi j’avais fait la version qui s’appelait Québec Issime chante Noël avant que Décembre existe.  Il y a eu deux saisons si ma mémoire est bonne, au Théâtre Palace Arvida au Saguenay.  C’est parti de ça. C’était comme un petit Décembre mais toujours avec l’idée de base d’être sous un sapin avec des personnages qui gravitent autour mais à plus petite échelle puisqu’on était sur une plus petite scène.  Et on avait fait beaucoup de représentations. On a fait des groupes scolaires.  Il y a des jours où on faisait trois shows.  Et je me souviens qu’un soir, une équipe de la Place des Arts est venu voir le show et ils avaient demandé à l’équipe de création de transposer ça sur scène au Théâtre Maisonneuve donc ça leur donnait un bel espace de jeu.  Ils ont créé Décembre et le spectacle musical est là depuis tout ce temps.  Les quatre ou cinq premières années, c’était Michaël Girard qui faisait les personnages que j’interprète maintenant.  Voilà l’historique.  La petite équipe du Saguenay qui monte un show avec peu de moyens à l’époque mais qui marchait tout de même très fort. De fil en aiguille, l’équipe a grossi et c’est devenu une tradition pour le public québécois de venir nous voir à la Place des Arts, année après année.  Et c’est beau, c’est une belle fierté pour la région du Saguenay-Lac-St-Jean et pour l’équipe aussi.

Marie-Noël

É.C. : Justement, en vérifiant le site internet de Québec Issime, j’ai appris que cette formation venait du Saguenay-Lac-St-Jean.

M.-A.F. : Oui ça fait 25 ans que Québec Issime existe. Tout a commencé au départ avec deux familles, les Doré et les Riverin.  Ils étaient adolescents et ont voulu se créer un job d’été, ils avaient fait un hommage à Starmania et ensuite ils ont créé le spectacle De Céline Dion… À La Bolduc qui roule encore aujourd’hui avec une autre distribution.  Nous étions dans le garage, à Saguenay.  Et 25 ans plus tard, c’est encore les mêmes fondateurs qui sont là : les trois sœurs Riverin, Robert Doré qui est le producteur et le père de Pierre et SylvainPierre est créateur et musicien et Sylvain joue dans Décembre en plus d’être musicien et technicien.  C’est réellement une histoire de famille.  Quand je pense à Décembre, c’est à sa façon une autre famille qui s’est développée au fil des années, les enfants qui ont grandi avec nous autres.  C’est ça qui est beau et je crois que les gens le ressentent aussi quand ils viennent nous voir.  Ça se ressent ce genre de synergie entre le public et nous.  On travaille ensemble depuis tellement longtemps, avec pas mal toujours le même monde. Décembre c’est une belle histoire.

É.C. : Pour avoir vu Décembre, je peux confirmer que l’esprit de famille se ressent dans la salle.  Toi, tu avais participé à Star Académie.  Tu étais déjà dans Québec Issime à ce moment?

M.-A.F. : Oui c’était en 2005, quinze ans déjà.  J’avais déjà fait quelques remplacements dans De Céline Dion… À La Bolduc et j’étais dans Québec Issime chante Noël.

La crèche.

É.C. : Pour Décembre, ça doit demander beaucoup de pratique avant le show?

M.-A.F. : Le spectacle est quand même bien monté depuis des années et il n’y a pas tant de changements d’une année à l’autre sauf quelques fois où il y a des nouveaux enfants qui s’introduisent parce que les autres sont rendus trop grands.  C’est plus la mécanique qu’il faut répéter chaque année parce qu’il y a une mise en scène tant sur scène qu’en coulisses.  Il se passe beaucoup de choses comme de nombreux déplacements de décors et plusieurs changements de costumes.  Pour la sécurité de tous, il  faut vraiment répéter. C’est environ entre vingt et trente heures de répétitions en studio a et par la suite on se déplace sur scène avec le décor et tous les éléments.  En tout, c’est environ une cinquantaine d’heures de répétition.  J’adore assister aux placements techniques, une fois que le côté artistique est fait et que nos voix sont placées, c’est agréable de constater le travail fait pour tout mettre en place.  C’est beaucoup de travail et de patience. Même quand les représentations sont commencées, on a parfois des notes pour modifier certaines affaires. On ne peut pas atteindre la perfection mais on essaie de monter le niveau de fois en fois même après toutes ces années.  C’est ça qui est beau, on ne perd pas le désir que ce soit magique et notre besoin de faire plaisir aux gens.

La chasse-galerie.

É.C. : On parlait de famille tout à l’heure.  C’est vrai que vous êtes une famille.

M.-A.F. : On est effectivement une famille.  On donne du bonheur aux gens. On les prépare aux fêtes.  On les fait rire, on les fait pleurer et on leur rappelle des souvenirs.  On raconte un peu nos racines québécoises à travers toute ça, nos traditions…

É.C. : Les enfants.  Y’en a-t-il des nouveaux à chaque année?

M.-A.F. :  Oui parfois il y en a des nouveaux parce qu’ils ont grandi ou parce que leurs voix changent.  Lorsqu’ils doivent par exemple jouer le rôle d’un enfant de 7-8 ans et qu’ils en paraissent 15-16, ça ne fonctionne plus.  Les enfants sont toujours deux pour le même rôle, c’est quand même exigeant pour eux.  Ils vont à l’école en même temps, ils ont des examens.  Souvent, les plus vieux deviennent un peu comme les coachs pour les nouveaux. Comme Delphine (la fille de Véronique Cloutier et Louis Morissette), elle a fait le show longtemps et par la suite, elle est devenue la coach des enfants, tout comme Tom-Eliot Girard qu’on a vu à l’émission La Voix.  Les jeunes restent attachés. Ils ont de la difficulté à arrêter.  Ils ont tout un plaisir à faire ça.  À cet âge-là, ils ne réalisent pas qu’ils sont à la Place des Arts.  Pour eux c’est comme un jeu, ils s’amusent.  Pouvoir rester dans la gang, c’est un bonheur.

Vive le vent

É.C. : Justement, dans la distribution de la diffusion web, il y a Delphine et Raphaëlle Morissette.  Décembre, ce sont plusieurs chansons connues mais aussi des compositions originales comme Noël tout blanc?

M.-A.F. : C’est la seule composition originale complètement conçue pour le show. C’est l’fun d’avoir quelque chose de nouveau pis en même temps, elle a eu une super belle réaction du public. On se la fait souvent demander par des écoles qui veulent faire un petit spectacle de Noël.  Une belle idée que de créer une chanson originale, de l’intégrer au show.  À chaque année, la production essaie d’avoir quelque chose de nouveau, c’est plus rare au niveau des chansons parce que les classiques de Noël sont les classiques de Noël.  Parfois il y a des costumes qui sont refaits ou l’éclairage qui est refait, une mise en scène de changée ou une chorégraphie.

Fée

É.C. :  Tu n’en es pas à ton premier show avec Québec Issime.  Tu ne t’arrêtes pas avec eux.

M.-A.F. : J’ai commencé avec De Céline Dion… À La Bolduc avec eux.  Ensuite la production a pris une pause avec ce spectacle, donc j’en ai profité pour participer à l’émission Star Académie.  Mais oui, c’est une histoire d’amour entre moi et Québec Issime.  J’ai participé et je collabore encore aux spectacles Party, Cowboy de Willy à Dolly, Décembre et Expressio pendant quelques étés au Saguenay.

É.C. : En terminant, est-ce que tu veux ajouter quelque chose?

M.-A.F. : Décembre sera présenté en webdiffusion du 19 décembre au 2 janvier inclusivement au coût de 35$ tout inclus (taxes, services, billetterie).  Les gens reçoivent un lien dans leur courriel.  Ils peuvent l’offrir en cadeau et le transférer à une autre personne par courriel si le lien n’a pas été ouvert.  Le lien est bon tant et aussi longtemps qu’il n’a pas été ouvert.  C’est pas cher et en plus, toute la petite famille peut le regarder devant la télé pour le même prix.  Ce n’est pas le même effet qu’à la Place des Arts mais ça donne l’opportunité à des gens qui ne peuvent pas se déplacer pour le voir.  Je pense aux gens de l’Abitibi par exemple, c’est difficile de voir des shows à Montréal.  Ça ouvre des horizons et permet à des gens de l’écouter, qui pourraient pas venir le voir à Montréal.   C’est une belle opportunité. Ça va être une belle expérience.

La distribution de Décembre

É.C. : Je l’ai vu deux années de suite et à chaque fois, j’ai trippé ma vie comme on peut dire. C’est vraiment magique!

M.-A.F. : Il y a sûrement des choses que tu n’as pas vues la première fois et que tu découvres la deuxième fois.  Il se passe tellement de choses qu’on n’a pas assez d’yeux pour tout voir ce qui se passe sur scène.  Décembre, c’est une tradition et un plaisir que les gens aiment revivre année après année.

É.C. : C’est sûr que je vais le revoir, j’aime tellement ce spectacle.  Ça nous fait rêver deux heures de temps.

M.-A.F. : Avec raison, ça nous fait oublier le quotidien qui est parfois plus difficile et surtout c’est la meilleure façon de commencer notre temps des fêtes.  Quand on sort de la salle, on est prêt à faire la bouffe, à emballer les cadeaux et à recevoir des gens.  L’esprit des fêtes commence bien avec ça.  Je pense que la webdiffusion va faire la même chose dans notre maison.  Ça va faire du bien en tout cas.  Ça tombe bien et on est content que cette technologie existe.

Marc-André Fortin est vraiment sympathique.  J’aurais pu jaser avec lui encore mais le temps défilait rapidement.  Je crois également que c’est une idée géniale, à peu de frais, pour nous faire oublier pendant au moins 2 heures la situation actuelle qu’est la pandémie, sans se déplacer.  La webdiffusion sera disponible du 19 décembre au 2 janvier inclusivement.  Pour commander ou pour vous informer, consultez le site de La Place des arts ou encore celui de Québec Issime.  Outre Marc-André Fortin, vous pourrez voir et entendre aussi : Nathalie Byrns, Élise Cormier, Sylvain Doré, Alex Lapointe, David Leblanc, Caroline Riverin, Karine Riverin ainsi que les enfants : Marc-Olivier Bergeron, Jasmine et Julien Cantin, Léo-Pier Doré, Norah Lapointe-Riverin, Delphine et Raphaëlle Morissette.  Ce sont en tout vingt-quatre artistes que vous aurez la joie de voir magiquement sur votre écran.  Joyeux temps des fêtes!

Crédit photos: Paul Ducharme

Author: Éric Côté

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